La chanteuse de Gospel Sister Nat est amoureuse du roman de Paulo Coelho, "Sur le bord de la rivière Piedra, je me suis assise et j'ai pleuré".
Elle lui envoie alors une multitude d'emails par l'intermédiaire de son MySpace pour le solliciter : elle voudrait faire un "spectacle musical" basé sur le dit roman, ce serait "vital".
c'est le coup de foudre "artistique". Ils se rencontrent une semaine plus tard, en réel, et commencent à travailler sur ce projet.
Un an plus tard, après avoir échangé de nombreux textes et vidéos, il lui donne les droits d'adaptation en novembre 2008. (Ce spectacle n'est ni écrit ni produit par Paulo Coelho)
Lors d'un énième concert de sa tournée en France, la chanteuse éprouve le besoin irrépressible de raconter sa rencontre avec un roman et un auteur qui l'ont bouleversée. Peu à peu, le concert dérape et l'action dramatique prend place. La chanteuse se prend pour Pilar, personnage principal du roman, elle se raconte.
La forme choisie du concert n'est qu'une façade qui permet un réalisme désarçonnant. On est dans une histoire vraie. Le public est nécessairement pris à parti. Mais soudain, on glisse dans un monde parallèle qui nous raconte l'histoire d'une femme qui veut briser les chaînes d'une vie formalisée pour retrouver son enfance et sa liberté au prix de tous les sacrifices.
Qui de Sister Nat ou de Pilar est en train de nous raconter cette histoire ? L'une et l'autre, l'une dans l'autre jusqu'à enfin ne former plus qu'une.
semble intéressant à traiter particulièrement au sujet de la Femme qui découvre sa liberté plus récemment et qui l'aborde peut-être différemment de la gente masculine.
A l'heure du tout sécuritaire et du tout financier, deux femmes (Sister Nat et Pilar) font le choix de la passion, du vagabondage et du bonheur à tout prix. Elles se défont du diktat de leurs quotidiens déshumanisés et s'attachent à inventer leur propre monde.
Ce spectacle s'inscrit comme le produit des différentes expériences que furent mes précédents spectacles musicaux avec une prédominance théâtrale qui en fera la particularité. On sort des étiquettes attribuées à la musique Gospel ou Noire Américaine en général pour entrer dans une vision inédite qui désintègre les contextes prédestinés et laisse place à l'expérience personnelle. Tout ceci porté sous le trait fin et subtil de Paulo Coelho.